Après un début de saison difficile, Julien Quercia a peu à peu gagné la confiance de Frédéric Hantz. Buteur contre Valenciennes, le petit attaquant sochalien n'en demeure pas moins convaincu qu'il doit encore gagner en efficacité. Pour Yannick Stopyra, qui le connait bien, il a les moyens d'y parvenir.
Julien Quercia fait figure d'exeption depuis le début du championnat. Si l'on prend en compte les huit premières journées de L1, il est le seul attaquant sochalien à avoir trouvé le chemin des filets. C'était à Valenciennes, lors de la 5e journée de L1. Ce but n'avait pas empêché la défaite du FCSM en terre nordiste (3.1), mais il a inauguré une nouvelle période pour Julien Quercia. Assez peu utilisé lors des rencontres de préparation, remplaçant lors du Trophée des Champions à Lyon, puis à Paris, et à Lille, le petit attaquant sochalien n'avait été titulaire qu'une seule fois avant de connaitre la réussite à Valenciennes ; c'était lors de la déroute face au Mans à Bonal (1.3). Pas un grand souvenirs... Depuis sont but contre VA, en revanche, Julien Quercia a été aligné d'entré de jeu par Frédéric Hantz, que ce soit aux côté d'Erding (contre lyon), Dagano (à Caen) ou Pancrate (face à Strasbourg). « Je crois que le match avec l'équipe de France Espoirs contre l'Italie, durant lequel j'avais marqué (le 21 août avec une défaite des Bleuets 2.1) m'a remis en selle » explique l'intéressé. « C'est toujours un honneur d'être appelé sous le maillot bleu et d'entendre la Marseillaise. En plus, comme ça n'allait pas très bien avec Sochaux, cette sélection a été un peu une bouffée d'oxygene ». Au fil des mois, Julien Quercia s'est installé chez les Bleuets. Dans la course à la qualification pour l'euro 2009, le sélectionneur René Girard fait maintenant régulièrement appel à lui, ce qui n'était a priori pas gagné d'avance : avant les Espoirs, l'attaquant sochalien n'avait en effet jamais été appelé en sélection. « Mieux vaut cela que l'inverse » sourit Quercia, qui sait que rien n'est gagné, mais qui prend à chaque sélection une petite revanche sur ceux qui n'ont pas cru en lui. Et ils furent quelques uns, y compris au FC Sochaux, à être sceptiques sur les capacités de ce petit gabarit (1.69m, 68 kg) à percer au plus au niveau. Dans un football qui fait la belle part aux armoires à glace, Quercia à dû jouer des coudes pour faire sa place. Ironie de l'histoire, c'est un ancien sochalien qui l'a repéré à treize ans, alors qu'il évoluait à Magny, un petit club de la banlieue de Metz. Son nom : Yannick Stopyra. « Je n'ai jamais eu de préjugés sur les joueurs de petite taille », explique l'ancien attaquant sochalien, qui dirigeait à l'époque le centre de préformation de Madine, en Lorraine, et qui aujourd'hui a pris en main celui de Midi-Pyrénées à la place d'un certain Alain Bénédet. « Julien s'est montré d'entré dans nos détections. Il était en retard physiquement par rapport à d'autres garçons de son âge, même s'il était très vif. Mais surtout, j'ai vite perçu chez lui cet instinct d'attaquant. Je suis sensible à ça ». Cette faculté à sentir les coups, à voir les choses plus vite que les autres, Julien Quercia l'a développée tout gamin sur un court de tennis. S'il n'avait choisi le foot, l'attaquant sochalien aurait sans doute pu faire un bon joueur raquette en main. Il a d'ailleurs fait parti des meilleurs français dans sa catégorie d'âge. « Sous ses airs gentils, de garçon bien poli, très attachant au demeurant, Julien est très filou » développe Yannick Stopyra. « Son déficit de taille, il le compense par la ruse. Il a une excellente lecture du jeu. Dans les déplacements et pour appréhender les trajectoires de balles, il possède des qualités au dessus de la moyenne ». Le FC Sochaux les a repérées, au contraire de Nancy ou de Metz, qui étaient pourtant aux premières loges pour enrôler Julien Quercia. Après deux années passées à Madine, dans la même promotion que le lillois Ludovic Obraniak, l'attaquant est donc arrivé au FCSM, à quinze printemps. Et il a empilé les buts : une quarantaine en 15 ans nationaux (!), une vingtaine en 18 ans nationaux, une quinzaine en CFA... Jusqu'à s'ouvrir les portes de l'équipe pro, en dépit des vents contraires. « Depuis que je suis gosse, j'ai toujours été un buteur »,
confie Julien Quercia. « Alors, ça me pèse de ne pas marquer beaucoup (3 buts en 39 matchs de L1). Je veux peut-être aller trop vite, je n'ai pas vraiment d'explication... En tout cas il faut absolument que je sois plus efficace c'est certain ». Yannick Stopyra en est également convaincu : « un attaquant existe d'abord par le nombre de buts qu'il inscrit. En ligue 1, il ne s'agit plus de marquer 15 buts comme c'était le cas avant. Aujourd'hui, si un attaquant marque 8 ou 10 buts, il a déjà réussi une saison correcte. Julien doit pouvoir le faire. Il faut peut-être qu'il soit un peu plus 'tueur' devant le but, même si je n'aime pas ce mot. Ça doit venir. Le principal, c'est d'avoir des occasions et ça, Julien en a ». Reste à les mettre au fond. A Valenciennes, Quercia a montré qu'il connaissait le chemin.
Le Foot Sochaux, n°6