QUERCiA : « J'ai eu raison de me battre »
Petit par la taille, Julien Quercia a dû lutter pour se faire une place dans le monde pro. Cette saison dépasse ses plus grands espoirs. Régulièrement aligné par Alain Perrin, convoqué par René Girard chez les « Bleuets », il vient aussi de délivrer les deux passes décisives en demi-finale de Coupe de France.
Julien, vous avez signé une entré remarquée contre Montceau...
Oui, c'est la première fois que je réussis deux passes décisives durant le même match. Je suis content d'avoir aidé l'équipe. Comme on s'y attendait, cette demi-finale a été très difficile. On est heureux d'en sortir vainqueurs, car la perdre nous aurait laissé un goût amer.
Marseille ou Nantes en finale, vers qui votre c½ur balançait ?
Je préfère Nantes car à mon avis, Marseille est plus dangereux. L'OM possède des individualités qui peuvent faire la différence à tout moment. Certes, les nantais sont venus s'imposer à Bonal en championnat (1.2) mais l'équipe est moins impressionnante.
Le club à la perspective de décrocher un nouveau trophée, trois ans après la victoire en Coupe de la Ligue et vous, celle de vivre un grand moment dans une carrière...
Une finale de Coupe, c'est grandiose, forcément. J'étais au stade de France lors des deux finales de Coupes de la Ligue jouées par Sochaux. Contre Monaco, en 2003, j'avais joué un match de lever de rideau opposant les « 16 ans » de Sochaux à ceux de Monaco. Je me souviens qu'on avait perdu 3.1, c'est d'ailleurs Jérémy Ménez qui avait marqué pour nous. Après la rencontre, on était tellement contents d'avoir joué au stade de France qu'on est allé devant le public pour faire la « ola ». Dans les vestiaires, Jean-Luc Ruty (responsable du centre de formation) nous avait passé un savon, car après une défaite, il n'y a pas lieu de faire la fête ! La victoire était en revanche au rendez-vous un an plus tard contre Nantes, j'étais dans les tribunes et ça reste évidement un grand souvenirs.
Vous êtes né à Thionville, pas très loin de Metz, et vous aviez deux ans quand Sochaux a perdu sa finale en 88 contre le club messin...
Oui, j'aurais d'ailleurs pu aller au FC Metz à l'âge de 11 ans, 12 ans, mais cela ne sait pas fait. Le club messin voulait que j'abandonne le tennis et je n'en n'avais pas du tout envie : à l'époque, j'étais neuvième joueur français dans ma catégorie d'âge, je voulais continuer de mener de front tennis et football.
Vous avez pourtant vite choisi le foot en allant au centre de préformation de la Fédération basé à Madine, dans la Meuse, sous la houlette d'un certain Yannick Stopyra...
C'est là que j'ai appris tous les fondamentaux. J'en conserve d'excellents souvenirs. Là-bas, j'ai côtoyé Benjamin Genghini ou encore Da Costa (ex-Nancy) qui est aujourd'hui au PSV Eindhoven.
Puis vous êtes arrivé à Sochaux ou il a fallu se battre pour pousser la porte du monde professionnel...
Je suis arrivé à l'âge de 15 ans. Tout n'a pas été facile, c'est sur. Ma petite taille a longtemps été un handicap, et au club, on a hésité avant de me faire signé un contrat de stagiaire pro. Ces difficultés m'ont donnée la rage. Mais aujourd'hui, je pense que j'ai eu raison de me battre.
Pensiez-vous vivre une telle saison ?
Je ne m'attendais pas à tout ça ! Jouer régulièrement en pro, connaître des titularisations et puis mes deux premières sélections en équipe France espoirs...
Les « Bleuets », c'est un objectif ?
Je pense d'abord à être bon avec Sochaux et si c'est la cas, je sais qua j'ai mes chances. J'aimerais bien sûr être appelé en juin pour jouer la Roumanie en qualification pour l'Euro Espoirs, mais on verra bien... En tout cas René Girard (l'entraîneur des Bleuets) m'a appelé lorsque j'étais blessé, ça fait plaisir.
Vous aviez effectivement connu un brutal coup d'arrêt en vous donnant une entorse de la cheville avec l'équipe de France Espoirs contre la Suisse début février. C'est un soulagement d'être redevenu performant ?
Oui. J'ai fait mon retour dans le groupe pro à Troyes (1er avril). J'avais déjà joué le mercredi précédent avec l'équipe de CFA contre Besançon, rencontre durant laquelle j'ai marqué. Six semaines d'arrêt, c'est long !
En votre absence, Sébastien Grax a marqué des points en attaque et est désormais souvent titularisé. Que pensez-vous de cette nouvelle donne ?
La concurrence est de plus en plus forte, mais c'est avec elle qu'on avance. Le coach a de nombreuses possibilités qui s'offrent à lui. Il peut faire des choix en fonction de l'état de forme, du profil de chacun... Cette situation est bonne pour l'équipe. Dans mon esprit, ça ne change rien.
N'est-ce pas frustrant de ne pas avoir pu défendre ses chances sur le terrain ?
Sébastien (Grax) est arrivé à peu près au moment ou je me blessais. C'est comme ça. Je suis reparti de zéro avec beaucoup d'envie, toujours dans le but de progresser.
Dans le football, la vérité d'un jour n'est pas forcément celle du lendemain. Cela vaut pour les bons comme mauvais moments. C'est pour ça qu'il faut tout faire pour donner le maximum.
Issu de : Le Foot Sochaux n°1